Chroniques, Thrillers

Les âmes englouties, Susanne Jansson

Comme si la brume l’accueillait.
Comme si elle l’étreignait.
Comme si elle l’attirait vers le fond.
Pour finalement l’engloutir.

Les âmes engloutiesLes âmes englouties, Susanne Jansson
Presses de la Cité, 2019
Traduction : Marianne Segol-Samoy

Présentation éditeur :

Surgie des tourbières scandinaves, une nouvelle voix du polar nordique.

Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au coeur d’une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu’elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l’époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d’un serial killer, Göran, ancien professeur de physique, est convaincu que l’endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l’ombre vont se mêler… et de nombreux secrets seront déterrés.

Angoissant et précis, un thriller atmosphérique à la rare puissance suggestive, qui conjugue tentations surnaturelles, croyances populaires, explications scientifiques et fines analyses psychologiques.

***

Merci aux Presses de la Cité et au site Bepolar pour cette lecture.
#avispolar

***

Imaginez un grand marécage. Au coeur de la Suède humide. Une tourbière au fond de laquelle se cachent des âmes englouties. Des corps enfouis dans la vase. Des momies. Et des personnes qui disparaissent du jour au lendemain.

C’est là, que Nathalie décide de mener ses recherches biologiques. Mais elle n’a pas choisi ce lieu par hasard. Il s’agit de sa région, elle n’était pas revenue depuis longtemps. Depuis la tragédie.

Dès le prologue, le lecteur est embarqué dans l’ambiance humide et oppressante de cette région de la Suède. Il  fait nuit, il pleut, le vent souffle fort quand Johannes parti faire du jogging dans la tourbière, a un accident. C’est Nathalie qui le découvre inconscient.

Dès lors, Nathalie et la police locale vont essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. L’occasion pour la jeune femme de remarcher sur les lieux de son enfance. De replonger dans les croyances locales, de revoir certaines personnes. Le moment est venu de déterrer les secrets, de faire remonter à la surface les vérités.

Soudain, elle avait été submergée par cette pensée. C’était d’une évidence criante. Son passé l’avait plaquée contre le mur et, avant de la relâcher, il s’était assuré qu’elle l’écouterait, pour une fois. Et, même si Nathalie n’avait pas encore osé se livrer à une introspection, elle ne s’était en tout cas pas esquivée.
Elle était donc venue ici. Dans cet endroit désolé. Les tourbières entre le Dalsland et le Värmland.

Susanne Jansson a su d’emblée retenir mon attention. J’ai enchaîné les pages sans m’en rendre compte, j’ai littéralement dévoré ce thriller. Les courts chapitres défilent et  contribuent à donner un rythme rapide au récit, ce qui contraste avec le décor dormant des marécages. L’auteure passe de Nathalie à Leif et Maya, les deux policiers. Et surtout elle parvient à introduire de nombreux détails historiques qui rendent l’enquête très intéressante. Le passage où elle évoque Baby Rosalia, la petite fille momifiée des catacombes de Palerme m’a particulièrement intéressée et émue (j’ai eu la chance de l’admirer il y  a un certain nombre d’années) et m’a donné envie d’en savoir plus sur les momies des tourbières.

Encore aujourd’hui, Rosalia reposait dans son cercueil, les joues rondes et lisses, avec un nœud de couleur abricot sur la tête. La petite fille était tellement bien conservée qu’elle donnait l’impression de dormir.

Avant d’ouvrir ce livre, je ne savais pas de quoi il s’agissait. J’ai choisi de le lire parce que le titre et surtout la couverture me plaisaient. Je trouvais que c’était mystérieux. Et je n’ai pas été déçue. J’ai tout de suite été happée par l’intrigue. J’ai été charmée par les descriptions des tourbières. Ce genre de paysages ne m’est pas vraiment familier, et j’ai aimé l’imaginer. Car le plus captivant dans ce roman c’est vraiment l’ambiance créée autour des marécages et des momies. C’est mystérieux. Brumeux. Humide. Vaseux. On a envie d’en sortir et à la fois de s’immerger pour en explorer les profondeurs et remonter les secrets. Et la question du surnaturel peut effleurer les esprits les plus rationnels.

Un lieu où des sources d’énergie invisibles attiraient les gens, prenaient et donnaient ce qu’elles voulaient.
Un pays limitrophe entre la terre et l’eau, entre le sec et l’humide, entre le stable et l’instable. Entre la vie et la mort.

Les âmes englouties est un thriller original de part son décor. On n’a pas l’habitude de lire des romans scandinaves qui se passent dans les tourbières. Susanne Jansson est sortie des sentiers battus et ça fonctionne parfaitement. Un thriller qui frôle habilement le surnaturel.

 

 

 

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5 réflexions au sujet de “Les âmes englouties, Susanne Jansson”

  1. encore une tentation en perspective! j’aime bien les auteurs de polars nordiques..
    Je suis plongée dans le dernier d’Emelie Schepp « d’une mort lente » que me plaît assez même si je n’ai pas lu les 2 1ers tomes 🙂

    J'aime

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