Chroniques, Littérature américaine, Romans historiques

La Virginienne, Barbara Chase-Riboud

Aime moi et reste esclave.

la virginienne 2

La Virginienne, Barbara Chase-Riboud, Archipoche, 2018

Résumé éditeur :

L’une des plus, grandes histoires d’amour de l’Amérique est aussi l’une des moins connues et des plus controversées. Thomas Jefferson, le troisième président des Etats-Unis et l’auteur de la Déclaration d’Indépendance, eut pendant trente-huit ans une maîtresse, la belle et mystérieuse Sally Hemings, qu’il aima et avec laquelle il vécut jusqu’à sa propre mort à l’abri des murs de Monticello, la plantation qu’il possédait en Virginie. Mais ce qui choqua ses contemporains ne fut pas simplement que Jefferson eût une maîtresse. Le vrai scandale vint de ce que Sally Hemings était une esclave quarteronne et de ce que Jefferson engendra avec elle une famille d’esclaves dont de nombreux descendants, connus et inconnus, vivent de nos jours. Cette liaison étrange et passionnée commença dans le Paris de 1787, où Jefferson était ambassadeur de la jeune république américaine auprès de la Cour. Sally n’avait pas alors plus de quinze ans. Du royaume de France, cet extraordinaire récit romantique entraîne le lecteur dans les antichambres du pouvoir à Philadelphie et Washington, puis le fait participer à la vie quotidienne, à la magnificence de Monticello.

Pour recréer cette « love story » émouvante et fatale, Barbara Chase-Riboud s’est basée sur les documents et témoignages d’époque, tout en lâchant la bride à sa prodigieuse imagination de romancière, Elle a brossé ainsi un étonnant tableau de l’Amérique esclavagiste de la fin du XVIIIe siècle, une fresque grandiose mais toujours fidèle aux données de l’Histoire. Grâce à La Virginienne, le lecteur partagera tous les débordements de la passion et toutes les grandes couleurs imaginés par une brillante romancière qui se penche sur l’histoire de son pays.

***

C’est avec une grande émotion et le cœur serré que je referme ce livre. Ce roman, c’est plus qu’une histoire d’amour ou qu’un roman historique, c’est l’histoire d’une femme qui par le sang noir qui coule dans ses veines est condamnée à un second rôle dans la vie de son amant blanc et homme important de son époque. C’est l’histoire de Sally Hemings, esclave quarteronne, à la peau ivoire, maîtresse du président Thomas Jefferson pendant une trentaine d’années et mère de nombre de ses enfants.

Mais Sally, c’est aussi la demi-sœur de Martha, la première épouse de Thomas Jefferson. Elle est donc la tante de ses premiers enfants. Je ne vous cache pas que je me suis parfois perdue dans l’arbre généalogique de cette famille très nombreuse, où tout le monde est fille, fils, tante, oncle, père, mère d’un autre et où les prénoms sont souvent les mêmes. Heureusement, figure au début du livre un arbre généalogique vers lequel on peut facilement revenir en cas de confusion.

Sally, est l’épouse esclave de son maître ; elle est une femme à la fois soumise et insoumise à cet homme qui l’aime mais qui n’est pas encore prêt à aller à l’encontre des codes de son époque. S’il lui accorde de nombreux privilèges et son amour, il lui arrive aussi de la trahir.

Ce qui m’a le plus touchée dans cette saga, c’est véritablement la condition des esclaves dans cette société américaine des 18ème et 19ème siècles. Autant ils font partie de la famille, évoluent et se mélangent à la famille blanche, autant ils n’ont pas la liberté de vivre selon leur propre volonté ; ils ne sont finalement que les biens de leurs maîtres tels des objets qu’on acquiert et qu’on vend au gré des évènements de la vie.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette fresque familiale et historique, qui de Paris à Monticello, m’a fait voyager dans le temps. Ma lecture a suscité des nombreuses recherches en parallèle (sur l’histoire des Etats-Unis, l’esclavage, Thomas Jefferson et Sally Hemings eux-même). J’ai aussi très souvent eu le cœur déchiré, la vie à cette époque n’étant pas toujours facile et parsemée de drames.

En bref, ce livre est dur et beau à la fois, l’histoire de Sally est drame, courage et résignation mais aussi amour et espoir. Un roman à lire si vous aimez les sagas familiales et l’histoire.

Je remercie Mylène et le service presse des éditions de l’Archipel pour l’envoi de ce livre.

Ma prison était vaste et dorée. Elle avait son potager, ses milliers d’arbres fruitiers, ses forêts pleines de pins de Virginie, de bouleaux, de chênes et de tilleuls.

 » Je t’aime « ,  avait-il dit.
Dans sa terreur il avait usé de cette arme absolue, celle qui règne sur les puissants comme sur les faibles. Et j’avais répondu, sans que nous échangions d’autre parole : « Merci, monsieur ».

La virginienne

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s