Chroniques, Le Cercle Belfond, Littérature irlandaise

Les Filles d’Ennismore, Patricia Falvey

Nous ne sommes plus des enfants et nous devons accepter nos vies telles qu’elles sont. Oui, tu as souffert, mais moi aussi, d’une manière que tu ne pourras jamais comprendre? Nous avons toutes les deux été prisonnières de notre classe sociale. Mais à quoi sert de ressasser le passé ? Nous avons le pouvoir de changer notre avenir.

Les filles d'Ennismore.jpgLes Filles d’Ennismore, Patricia Falvey
Editions Belfond, collection Le Cercle, 2019
Traduction : Julia Taylor

Présentation éditeur :

Amitié, jalousie, lutte des classes, émancipation féminine, drame amoureux… À l’aube du XXsiècle, au cœur d’une Irlande en ébullition, une saga inoubliable dans la droite ligne de Downton Abbey.

Rosie a huit ans, elle est fille de métayer ; quand elle sera grande, elle servira la famille Ennis, comme sa mère et sa sœur avant elle. Victoria a sept ans, elle est la fille de lord et lady Ennis ; quand elle sera grande, elle quittera le domaine d’Ennismore pour faire un beau mariage.

En attendant, Victoria se sent seule et rêve de partager ses secrets avec la fille du métayer qu’elle a rencontrée dans le parc de la propriété. Et pourquoi pas ? C’est décidé, dès septembre, la petite paysanne partagera les leçons de la demoiselle du château.

Mais, dans une société écrasée sous le poids des conventions et des hiérarchies, est-il bien raisonnable de semer des aspirations égalitaires dans le cœur des jeunes filles ? Car un vent de révolte souffle sur l’Irlande et cette amitié qui éclot pourrait bien bouleverser leur vie ainsi que celle de leur entourage…

Rosie et Victoria trouveront-elles la force de lutter contre la marche de l’Histoire qui menace de les déchirer ?

***

Troisième lecture 2019 pour le Cercle Belfond en tant que lectrice VIP.
Dans le menu du blog, retrouvez mes avis sur d’autres titres du Cercle.

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Manoir d’Ennismore en Irlande, à l’aube du vingtième siècle. Victoria, la fille du comte Ennis s’ennuie dans son quotidien, jusqu’au jour où elle rencontre Rosie, la soeur d’une des domestiques. Elle convainc alors son père d’inviter Rosie à partager l’instruction qu’elle reçoit chaque jour auprès de sa tante. Rosie accepte et profite ainsi de la même éducation aristocratique que Victoria. Une grande amitié naît alors entre les deux fillettes.

Mais à l’entrée dans l’âge adulte, Victoria a des obligations et elle quitte le manoir pour la ville de Dublin. Rosie retourne à sa vie de paysanne et aux difficultés qui l’accompagnent. Le destin conduira également Rosie à Dublin. Là-bas rien ne sera simple pour cette dernière, mais elle fera preuve d’une grande détermination. Et surtout elle recroisera son amie Victoria.

Le contexte historique est très important et bien décrit. L’ordre et l’équilibre du pays vont être complètement bouleversés au fil des années que couvre cette saga. Patricia Falvey plante un décor majestueux dès le départ avec l’Irlande et le domaine d’Ennismore. On est transporté dans le temps et dans l’espace.

Mais le plus intéressant est sans conteste la relation entre Rosie et Victoria. Entre l’aristocrate et la fille de métayer. Tout les sépare et beaucoup les réunit. Mais quelles peuvent être les limites d’une telle amitié en dépit d’une éducation commune et d’une grande complicité ? Peuvent-elles se faire confiance l’une et l’autre ? Les conventions de l’époque pourront-elles laisser leur amitié se développer et évoluer au-delà de l’enfance ?

Nous venons de deux mondes différents et nous ne pouvons rien faire pour changer cela.

Les personnages sont soigneusement travaillés, avec des personnalités intéressantes. Les parents de Victoria ne sont pas attachants, sa mère est même assez antipathique. Concernant Victoria, il est plus difficile d’en parler sans trop en dévoiler. Ce qui est sûre c’est qu’elle n’occupe pas une place facile. Etre une jeune femme de ce rang à cette époque n’est pas évident tous les jours, les décisions que l’on doit prendre ne sont pas forcément celles du coeur.

A l’inverse, Rosie a une personnalité attachante. Son destin est passionnant. J’ai ressenti une grande empathie pour cette jeune femme déterminée et courageuse, prête à tout pour s’en sortir et vivre une vie meilleure, prête à tout pour être en accord avec elle même et ses sentiments.

Elle ne laisserait plus l’aristocratie lui faire des cadeaux pour les lui retirer. Elle allait prendre sa vie en main et, quoi qu’il lui en coûte, ne se soumettrait plus jamais à de telles humiliations. La jeune campagnarde avec des rêves plein la tête avait bel et bien disparu.

J’ai dévoré littéralement ce roman. L’histoire de Rosie et Victoria est entraînante, à chaque chapitre, on a envie de connaître la suite de leurs aventures. Pour tout vous dire, j’ai même frôlé le coup de coeur. C’est un détail de la fin qui m’a un peu déçue. Rien de bien grave. D’ailleurs, si vous l’avez lu n’hésitez pas à venir m’en parler, ce serait intéressant d’échanger et d’avoir d’autres avis.

Les Filles d’Ennismore est une belle saga historique. Un voyage dans le temps passionnant. Pour l’instant, il s’agit de mon roman préféré parmi les parutions du Cercle Belfond 2019.

A lire si vous avez aimé la série Downton Abbey. Pour ma part, je ne l’ai pas encore vue, il faudrait !

 

 

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4 réflexions au sujet de “Les Filles d’Ennismore, Patricia Falvey”

  1. J’ai adoré ce roman ! Que ce soit pour son contenu historique passionnant mais aussi pour ses histoires d’amour complexes et magnifiques. C’est une saga incroyable et j’ai hâte d’en parler au book club 🙂

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