Chroniques, littérature anglaise, Romans historiques

Les confessions de Frannie Langton, Sara Collins

Mais la vérité n’est pas un tissu dans lequel n’importe qui peut se tailler un habit. La vérité, c’est qu’il y avait autant d’amour que de haine.

Frannie Langton.jpgLes confessions de Frannie Langton, Sara Collins
Editions Belfond, 2019
Traduction : Charles Recoursé

Présentation éditeur :

Dans la lignée de Sarah Waters et de Margaret Atwood, Sara Collins signe un roman noir gothique saisissant, qui nous plonge, entre la Jamaïque et le Londres du XIXsiècle, dans une véritable épopée où se mêlent colonialisme, esclavage et racisme ; culpabilité, amour et rédemption.

Esclave. Frannie Langton grandit à Paradise, dans une plantation de canne à sucre, où elle est le jouet de chacun : de sa maîtresse, qui se pique de lui apprendre à lire tout en la martyrisant, puis de son maître, qui la contraint à prendre part aux plus atroces expériences scientifiques…

Domestique. À son arrivée à Londres, la jeune femme est offerte comme un vulgaire accessoire à George et Marguerite Benham, l’un des couples les plus raffinés d’Angleterre.

Séductrice. Seule contre tous, Frannie trouve une alliée en Marguerite. Entre ces deux lectrices invétérées se noue un lien indéfectible. Une foudroyante passion. Une sulfureuse liaison.

Meurtrière. Aujourd’hui, Frannie est accusée du double-meurtre des Benham. La foule se presse aux portes de la cour d’assises pour assister à son procès. Pourtant, de cette nuit tragique, elle ne garde aucun souvenir. Pour tenter de recouvrer la mémoire, Frannie prend la plume…

Victime ? Qui est vraiment Frannie Langton ?

***

Frannie Langton est jamaïcaine et esclave. Elle grandit à Paradise chez ses maîtres. Madame Langton s’amuse avec elle, lui apprend à lire. Monsieur Langton lui demande de l’assister dans des expériences atroces. Elle est aussi sa secrétaire, rédige son manuscrit ses courriers.

Au cours d’un voyage à Londres, Langton offre Frannie à Benham, un de ses confrères anglais. Elle n’est alors plus esclave mais domestique. Au service de ses nouveaux employeurs anglais, elle découvre des nouveaux sentiments. Elle révèle sa personnalité. Parce que Frannie a énormément de connaissances, littéraires, scientifiques. Elle s’exprime bien, sait écrire, analyse, réagit.

Ils peuvent bien voir en moi une sauvage, mais Benham et Langton ne m’ont-ils pas attirée dans leurs propres zones d’ombre ? N’est-ce pas eux les premiers qui ont essayé de me transformer en animal ?

Jusqu’à cette nuit, où elle est retrouvée endormie, au côté de Madame Benham morte. Monsieur Benham est mort, aussi, dans la bibliothèque de la demeure. Mais Frannie ne se souvient de rien. Et pourtant, elle est accusée de double-meurtre.

Mais le malheur finit toujours par arriver en temps voulu. Il n’est pas nécessaire de le provoquer.

Le roman s’ouvre quand Frannie attend l’ouverture de son procès en 1826 à Londres et d’emblée, elle nous avertit :

Jamais je n’aurais pu faire ce dont on m’accuse, pas à Madame, parce que je l’aimais. Pourtant on dit que je dois être condamnée à mort et on veut que j’avoue. Mais comment avouer ce que je suis convaincue de ne pas avoir fait ?

Du fond de sa cellule de prison, Frannie écrit son histoire, ses confessions. Elle raconte sa vie en Jamaïque, son arrivée à Londres. Ses relations avec ses anciens maîtres et ses nouveaux employeurs. Elle nous confie aussi le déroulement du procès, les diverses interventions.

Tant que j’écris, je peux encore croire que cela a existé.

Ses propos sont clairs, fins et réfléchis. Frannie est loin d’être la femme noire illettrée et arrivée de sa plantation de canne à sucre seulement pour servir les autres. Frannie est bien plus que ça. Une femme qui est libre de réfléchir et de penser, libre d’aimer aussi.

Au fil des pages, en revenant sur sa vie, et sur les faits, elle décortique les situations. Ses mots sont percutants et son style incisif. Le récit livré est poignant.

Sara Collins nous propose un premier roman avec une écriture très prometteuse. Elle explore des thèmes très variés. Racisme, homosexualité, anthropologie, prostitution, esclavagisme, le tout accompagné de nombreuses péripéties. Peut-être un peu trop pour la vie d’une seule femme. Je ne sais pas tellement dire.

Mais quand même, jusqu’à la fin, je me suis demandée ce dont Frannie allait se souvenir, ou pas. Le rythme des chapitres a su maintenir mon attention et mon intérêt pour le sort de Frannie. Cela fonctionne !

J’ai trouvé des similitudes entre Les confessions de Frannie Langton et Captive de Margaret Atwood (que je n’ai pas encore lu, mais dont j’ai vu et beaucoup aimé l’adaptation en mini-série). Grace est aussi accusée et condamnée pour un meurtre, dont elle n’a rien avoué.

En bref, Les confessions de Frannie Langton est un roman historique agréable à lire et qui aborde des sujets intéressants. Une lecture assez passionnante. Et si tout ne m’a pas entièrement convaincue, j’ai beaucoup aimé le style de Sara Collins, je lirai sans doute ses prochaines publications.

 

 

 

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